Aquae

Aquae

Aquae est un poème symphonique dédié à la ville d’Aix les Bains. Il propose quatre évocations de personnages, de périodes, de paysages et d’histoire de la ville.

Rodolphe Pierrepont, le compositeur de cette œuvre, a utilisé ses dons d’observateur et d’illustrateur pour nous offrir ces belles cartes postales visuelles et sonores. Sans être d’intention purement descriptive, elle retrace musicalement l’histoire de la ville d’Aix les Bains.

Cette œuvre a été jouée pour la première fois par l’Orchestre d’Harmonie d’Aix les Bains en 2016.

Les fondations : Aix la Romaine :

Placée dans une perspective historique, dès le début, les gouttes d’eau résonnent des sonorités des bois.

Mais le caractère s’alourdit de mélancolie et de solennité, dans le registre grave de l’orchestre, suggérant l’atmosphère de l’occupation romaine et l’édification des thermes.

Du lointain, les percussions se rapprochent, amplifiées du piano et des bois, et l’on retrouve les notes fondatrices d’ AQUAE avant que celles-ci se transforment en un cortège grandiose.

 

La prière d’Elvire :

On a beaucoup écrit, et bien plus spéculé sur la vie romantique d’Alphonse de Lamartine. Toutefois, sa grande passion pour Julie est légendaire.

Rodolphe Pierrepont n’a pu s’empêcher de représenter Elvire dans la méditation poétique du « Lac » en osant espérer que chaque auditeur et musicien garderont à l’esprit l’élégance romantique de cette prière.

 

Sapaudia :

Littéralement le « Pays des sapins », se trouve à l’origine de la Savoie. Allobroges ou Hymne de la Savoie, les cors des Alpes, les clarines, les alpages, la montagne est lieu de rencontres symboliques et de traditions.

« Le troupeau marchait en masse compacte, le sonnailler devant….. », écrivait Jules Verne. Le cor résonne d’une vallée à l’autre, les villageois se faisant entendre en écho. C’est la clarinette qui nous transporte entre valse de salon de la belle époque et valse des montagnes.

Dans le prolongement d’une fête villageoise, au caractère pastoral, les carillons résonnent dans la plus grande tradition de l’Art Campanaire.

 

Le grand lac :

Environ 19000 ans nous séparent de la dernière glaciation. Le Lac du Bourget, plus grand lac naturel de France, constitue une magnifique trace de ces glaciers disparus depuis longtemps. Mais qui ont façonnés les paysages qui nous sont chers.

Dans la légende, le lac serait né de pleurs d’un ange après que Dieu lui ait demandé, ainsi qu’à ses deux semblables, de quitter les Alpes.

Le climat créateur est instauré par les réminiscences des notes fondatrices. Le miracle est que celles-ci se « coulent » naturellement, sans efforts ni effets, dans une trame orchestrale éminemment changeante, comme livrée à l’improvisation de chaque instant.

Le caractère paisible est identifié par le « bugle », propre à la fanfare, et/ou au jazz, par sa sonorité douce et chaude, repris sans brusquerie et avec précaution par les pupitres de bois.

Après un passage contrapuntique, d’inspiration riche de l’Art Baroque Savoyard, la mélodie du bugle est orchestrée pour donner toute la splendeur et grandeur du lac.

L’orchestre qui s’en tenait jusqu’alors aux évocations, conclut d’une extraordinaire puissance dans une frénésie furieuse.

« Il garde le secret des douleurs, les console, les amoindrit et jette dans l’amour je ne sais quoi…… », Honoré de Balzac.